mercredi 11 février 2009

Boucles et jeux de mots


Parmi les auteurs que j'aime particulièrement, et qui donc influencent mon écriture, il y a Prévert.

Et l'une des choses qui me fascine le plus dans son écriture, c'est son art de faire des boucles. Il part d'un point, souvent un jeu de mots, développe, divague, mais revient toujours à son point de départ. Un peu comme le jeu de la marelle : il saute à cloche pied de formule en formule, et fini par retomber sur celle du départ.

Cette figure de style porte sûrement un nom en littérature, mais je ne le connais pas. Je me contente d'apprécier l'effet ! Et à l'occasion, d'essayer d'adapter, à ma sauce, ce procéder rhétorique. Avec plus ou moins de réussite !

Vole au vent, la vie
Vole au vent, l'enfant
Ta vie est finie
Cesse de faire l'enfant
Et viens jouer à la mort
Jouer
Comme les enfants jouent à la vie
Quand l'enfance est finie
Et quand la vie fait l'enfant
Elle joue les enfants
Au petit bonheur la chance
A la chance de leur vie
A la vie à la mort
Mais les enfants trichent
Et la vie se met en colère
Et les congédie.
Alors les enfants courent en adultes
Baiser la main de la mort.
Ainsi va la vie
Ainsi meurt l'enfant
Ainsi va la vie
Vole au vent, l'enfant.