vendredi 23 octobre 2009

Contre-pied


Objectif du jour : Prendre Waid à contre-pied… C'est-à-dire faire tout sauf le texte qu’il attend. Oui, parce que aux vues des mots qu’il a choisi, je me doute quand même un peu de ce qu’il attend ! Mais comme j’ai décidé d’être un peu garce…

Petit rappel : le thème était « amour au bureau » et les mots « lunettes, sphincter, chibre, perroquet, menottes ».


Julien regarda sa montre pour la énième fois de l’après-midi, mais les aiguilles ne semblaient pas pour autant décidées à accélérer leur marche. Encore deux heures. Deux heures avant que l’immense parc animalier ne ferme et qu’il puisse enfin, après une dernière ronde, regagner son bureau et la retrouver. 
Avec un soupir de résignation, il entreprit un nouveau tour du propriétaire pour tromper l’ennui. Remontant les allées de gravier, il contourna les tables de bois où les joueurs de chibre et d’échec se regroupaient. Beaucoup plus bruyant, les joueurs de cartes contrastaient étrangement avec leurs collègues stratèges. Habitué aux disputes gueulardes des uns comme à l’indifférence taciturne des autres, Julien ne leur prêta aucune attention et les dépassa à grand pas. 

Arrivé à la hauteur de la ménagerie, il interrogea du regard son collègue en poste devant l’entrée. D’un simple signe de tête, ce dernier lui signifia que tout allait bien. S’il fut surpris de voir son chef faire une nouvelle ronde d’inspection alors que la dernière datait de moins d’une heure, il n’en laissa rien paraître. Préférant certainement l’ignorance aux aboiements bourrus qu’il se serrait attirés en posant la question ouvertement. 
Julien poursuivi sans entrer dans la ménagerie, et fit de même en passant devant la volière et devant le chenil. Il évitait autant que possible ces zones du parc où le bruit régnait en maître. Cochons, perroquets et chien de toutes races n’avaient jamais été de ses animaux préférés, bien qu’il veilla à leur bien-être autant que pour les autres. 
Il ralentit en revanche le pas en approchant du vivarium. Serpents et lézards étaient autrement plus calmes que leurs voisins à sang chaud, et il aimait le calme et l’obscurité du lieu. Même les enfants restaient muets d’admiration devant les grandes vitres. Certains, plus hardis que les autres, écrasaient leur nez et leurs menottes contre la glace, dans l’espoir de faire bouger le grand serpent à lunettes ou l’inquiétante vipère à cornes. En générale, ni le naja ni la cornue ne se souciaient de leur donner satisfaction.
Prenant son temps, l’homme aimait prolonger cet instant de quiétude en poursuivant sa ronde par l’aquarium. Là aussi, les visiteurs conservaient un silence respectueux, chuchotant instinctivement pour ne pas troubler la paix des lieux. 
Dans leur immense bassin à ciel ouvert, le couple de dogon broutait paisiblement, se laissant parfois flotter entre deux eaux pour observer les étranges bipèdes qui déambulaient de l’autre côté de la vitre. Julien aimaient les observer de longs moments, regardant les sphincters de leurs yeux s’ouvrir et se fermer en un curieux clin d’œil.

Mais l’aquarium, c’était surtout le repaire des amoureux. Des couples de tous âges venaient s’y promener, main dans la main, flânant dans l’atmosphère romantique des reflets bleutés. Il les observait souvent, suivant leur avancée avec un sourire complice. Aujourd’hui particulièrement. Chacun de ses couples réveillait son impatience… Bientôt, il pourrait rejoindre son bureau, enfin, et l’inviter à le rejoindre. Seuls au monde au milieu de ce parc déserté, ils pourraient alors se gorger de leur présence mutuelle, le corps et l’esprit tendus par l’attente qui les avait tenaillés toute la journée. Rêvassant devant les aquariums, il imaginait déjà ses doigts courant sur sa peau… Avec un peu d’imagination, il pouvait même déjà entendre le crissement léger des bas de nylon sous ses ongles…


Voilà ! A vous de jouer maintenant Monsieur Waid ! La balle est dans votre camp ;)
Voici la liste que je vous propose :
Grande peur (thème)
Eau minérale
Rhinocéroce
Poupée
Crème
Chenille

mercredi 21 octobre 2009

Ping-pong


A partir d'aujourd'hui, je commence deux parties de ping-pong. L'une avec ma douce Alyanne, l'autre avec Waid.

Le but du jeu :
Le premier joueur propose au second une liste de 10 mots (ou 5 mots et un thème). L'adversaire doit rédiger un texte ou un poème où se retrouveront chacun de ces mots/thèmes. Puis il renvoie la balle en proposant à son tour une nouvelle liste.

Bon vous l'aurez compris, c'est un exercice d'écriture. Il ne s'agit pas de faire un roman à chaque fois ! Mais le principe est amusant en atelier, il devrait bien fonctionner par blog interposé aussi !

Dans la partie avec Alyanne, le service est pour moi. Voici donc la liste que je lui propose (les verbes peuvent être conjugués) :
pommier
rouge
solitaire
calendrier
crayon
blessure
jouer
crever
bouteille
soulier


Dans la partie avec Waid, c'est à lui que revient le service. Et voici la liste qu'il me soumet :
Amour au bureau (thème)
lunettes
chibre
sphincter
menottes
perroquet

Il ne m'a pas loupé le bougre... Mais je relève le défi ! (et je lui prépare une liste bien corsée en retour, cela va sans dire...)

A suivre...





[édit : j'ai réussi à faire des liens propres ! La classe... Oui, il m'en faut eu pour être fière de moi, mais en même temps, je pars de vraiment loin en informatique !]

mardi 20 octobre 2009

Un vieux poème raté

Intraveineuse

Au secours
Je n’y crois plus
J’ai perdu l’espoir
C’était ma drogue
Et mes mains tremblent
De ne plus y croire
L’espoir
Ce virus
Je t’en prie
Injecte le moi
Directement
De ton sang
Dans mon sang
Comme un morceau de toi
Qui entrerait en moi
Au secours
Je veux croire de nouveau
J’en ai besoin
S’il te plait …

lundi 12 octobre 2009

Hymne

Aller, encore un peu de recyclage...
La Déesse du rocher

Au bord du monde pleure la Déesse.
Assise sur un rocher,
Pierre d’elle-même,
En équilibre au bord de l’abîme,
Son regard erre sur la terre,
Sur son corps meurtri.
Pleure
Pleure la Déesse
Et se souvient…
Etait-ce hier ?
Est-ce maintenant ou demain ?
Quand le Cercle s’est-il ouvert ?
Le Cercle si parfait…
Toutes Morts nourrissant toutes Vies…
Mourir était alors vivre un peu plus
Le corps nourrissant les corps
Et l’âme nourrissant les âmes
Le Cercle si parfait
Mais les hommes ont volé la Mort
Et offrent au néant
La Vie qui se consume.
Renonçant à la Vie,
Ils cherchent l’éternité
Et chacun de leur geste
Dispense l’inexistence.
Tournant son visage vers le miroir du ciel,
La Mère contemple aux cieux
Le reflet de sa rondeur.
Mais ses yeux s’en retournent
Vers le monde égaré
Et les larmes, à nouveaux, coulent sur le rocher.
Où sont mes fils et le vent dans leurs branches ?
Où sont mes filles dont les eaux faisaient chanter les galets ?
Où sont mes enfants, leurs jeux et leurs chasses effrénées ?
Disparus, asséchées, presque éteints.
Que va-t-il naître de mon ventre ?
Mon fils verra-t-il encore le jour ?
Y aura-t-il encore une saison pour nous aimer ?
Et serais-je ronde encore ?
Ou bien n’enfanterai-je que du vide
Et de l’inexistence ?
Ainsi pleure la Déesse
Au bord du monde sur son rocher.