lundi 12 octobre 2009

Hymne

Aller, encore un peu de recyclage...
La Déesse du rocher

Au bord du monde pleure la Déesse.
Assise sur un rocher,
Pierre d’elle-même,
En équilibre au bord de l’abîme,
Son regard erre sur la terre,
Sur son corps meurtri.
Pleure
Pleure la Déesse
Et se souvient…
Etait-ce hier ?
Est-ce maintenant ou demain ?
Quand le Cercle s’est-il ouvert ?
Le Cercle si parfait…
Toutes Morts nourrissant toutes Vies…
Mourir était alors vivre un peu plus
Le corps nourrissant les corps
Et l’âme nourrissant les âmes
Le Cercle si parfait
Mais les hommes ont volé la Mort
Et offrent au néant
La Vie qui se consume.
Renonçant à la Vie,
Ils cherchent l’éternité
Et chacun de leur geste
Dispense l’inexistence.
Tournant son visage vers le miroir du ciel,
La Mère contemple aux cieux
Le reflet de sa rondeur.
Mais ses yeux s’en retournent
Vers le monde égaré
Et les larmes, à nouveaux, coulent sur le rocher.
Où sont mes fils et le vent dans leurs branches ?
Où sont mes filles dont les eaux faisaient chanter les galets ?
Où sont mes enfants, leurs jeux et leurs chasses effrénées ?
Disparus, asséchées, presque éteints.
Que va-t-il naître de mon ventre ?
Mon fils verra-t-il encore le jour ?
Y aura-t-il encore une saison pour nous aimer ?
Et serais-je ronde encore ?
Ou bien n’enfanterai-je que du vide
Et de l’inexistence ?
Ainsi pleure la Déesse
Au bord du monde sur son rocher.


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