lundi 15 janvier 2018

La flûte (dés)enchantée, spectacle enfant au théâtre Essaïon

Critique (virulente) de spectacle enfant : La flûte enchantée, actuellement au théâtre Essaïon

Étant maman d'une gnomette de 7 ans, je commence à avoir une certaine habitude des spectacles pour enfants. Théâtre, initiation à l'opéra, danse, magie… Le choix est vaste. Autant que l'éventail de qualité, et ce n'est pas peu dire.
Ma gnomette ayant adoré ses précédentes rencontres avec l'opéra, nous sommes allées voir vendredi 5 janvier « La flûte enchantée » au théâtre Essaïon (Paris, derrière Beaubourg).




A priori, c'était plutôt une bonne idée : un après-midi pluvieux, un joli conte, la musique de Mozart… Le tout dans une mise en scène adaptée aux enfants. Et c'est là que le bas blesse, ou que la flûte se désenchante...

Adapté aux enfants… Dans ma grande naïveté, j'ai imaginé que cette adaptation signifiait « limiter aux plus grands airs » et « introduire un conteur ». Ce qui en soit aurait été une bonne idée, l'histoire étant en allemand, donc pas évidente pour des enfants, et très longue. Que nenni ! J'étais, hélas, loin de me douter de ce qui nous attendait réellement. Tremblez, mortels, car je ne vous en épargnerai pas le récit.

Alors oui, il y a une narratrice sur scène, habillée en oiseleur, jusque là tout va bien. Elle conte et explique l'histoire, tenant tour à tour certains rôles, prioritairement Papageno et Papagena, bien sûr. Hélas, elle le fait en prenant les enfants pour des débiles mentaux. « Roulalalalalala… c'est compliqué cette histoire ! Roulalalalala ! Il est vilain Mozart de mettre plusieurs histoires dans la même histoire ! » … Et je n'exagère même pas. Pas besoin tant le ridicule était consommé, il suffit de reprendre le texte même donné sur scène.

Bref, l'histoire est tronquée, racontée avec les pieds (et des pieds pas propres) et façon neuneu. Soit. Reste la sublime musique de Mozart, me direz-vous. Ha, le grand air de la Reine de la Nuit… Les bavardages charmants de Papageno… Le mystérieux Sarastro... Et bien non ! Même pas ! Que dalle ! Remballez vos attentes ! La musique passe en bruit de fond sur un vieux poste… Elle est à peine audible, le plus souvent masquée par les déblatérations aberrantes de la comédienne. Il faudra attendre que la comédienne (chanteuse lyrique?) entonne deux extraits pour avoir un aperçu de la musique… et se dire que finalement, le poste, ce n'était pas si mal ! Deux extraits, dont un chanté faux. Fabuleux. Ma filleule s'est bouché les oreilles sur le premier extrait.

Vous l'aurez compris, je n'ai jamais été aussi déçue d'une pièce. Et pourtant, j'en ai vu quelques unes (filière théâtre oblige)... mais jamais un tel massacre !
Je laisse le mot de la fin à ma gnomette : « Mais t'inquiète pas maman, j'ai aimé quand même un peu : le serpent était rigolo ! ».
Ceux qui connaissent l'histoire savent également quel est le rôle du serpent...


Et ceux qui ne savent pas, allez voir le résumé , et écouter ici !

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