mercredi 27 mai 2009

Le paysage normal


Comme j'en ai parlé dans les commentaires, voici un autre poème sur le même thème que le précédent. Je n'ai pas retravaillé dessus et je ne l'apprécie pas particulièrement, mais comme il a été écrit directemment à la suite d'AssaSaint, il me semblait logique de le poster dans la continuité.


En me relisant 10 ans après, je réalise à quel point l'influence de Prévert était palpable dans mes textes. Non qu'elle ait disparue aujourd'hui (loin s'en faut) , mais disons qu'elle s'est mélangée à d'autres et, je l'espère, à mon propre style.

Le paysage normal

Il y a des trous dans la terre
Et dans les trous des restes de fer
Et sur le fer des restes de sang
Ce sont les morceaux des obus qui sont tombés
C'est le sang des hommes qui sont tombés
Qui sont tombés comme les obus
Qui sont tombés sous les obus.

Il y a des arbres sur la terre
Il y a des arbres par terre
Des arbres brûlés comme les traités de paix dans les
cheminées
Il y a un grand feu sur la terre
Un feu de bois et d'acier.

Il y a des maisons sur la terre
Des maisons avec des trous dans les murs
Des trous comme dans la terre
Et des murs par terre
Et de maisons sans murs qui traînent par terre.

Il y a de l'eau sur la terre
De l'eau qui coule vers l'océan
Qui coule sur les morts et sur les mourants
L'eau rouge du sang des morts
Et l'eau bleue des larmes des mourants.

Il y a un enfant qui court sur la terre
Il y a un enfant qui court dans la guerre
Qui court sur l'eau bleue
Qui court sur l'eau rouge
Qui court sur les trous dans la terre
Sur les trous dans les murs
Sur les maisons cassées
Sur les obus
Qui court sur les morts et sur les mourants

Il y avait un enfant qui courait dans la guerre.

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