vendredi 3 juillet 2009

Oro Diktéon



Comme je n'ai pas envie que les vacances soient finies, je vous emmène y faire un tour ! Avant de revenir aux écrits, je ferais donc quelques sujets "tourisme" sur la Crète. En route !


L'Oro Diktéon

La Crète compte environ 3400 grottes répertoriées, mais l’une des plus belles et des plus impressionnantes est surement celle de Psychro, l’Oro Diktéon.
Située sur le flan du mont Dikté, à 1025 m d’altitude à l’ouest de Psychro, elle surplombe le plateau du Lassithi.


Archéologie :

La grotte se compose de deux chambres.
La chambre supérieure que l’on peut voir sans y entrer est de petite dimension et peu profonde. A son extrémité, on a retrouvé un mur d’enceinte qui déterminait un téménos en partie pavé, ainsi qu’un autel carré, construit en pierre de taille non jointe.

La chambre inférieure est beaucoup plus vaste et on y accède au terme d’une descente à pic de plus de 60m. Au fond, se trouve un lac souterrain, ainsi que plusieurs petites salles ornées de stalactites et de stalagmites. L’une d’elle, juste à droite du lac, particulièrement impressionnante, a été baptisée « le manteau de Zeus ». D’après la mythologie, cette grotte aurait vu la naissance du dieu (j’y reviendrais plus loin).

Les fouilles de la grotte ont été commencées au siècle dernier par l’anglais Hogarth et ne sont toujours pas achevées.Néanmoins, les trouvailles déjà effectuées ont permis de dresser un portrait peu commun de ce lieu. En effet, on y a trouvé des traces du culte de Zeus datant du Minoen Moyen II (soit environ 1800 av. JC) pour les plus anciennes, et de la fin de l’époque archaïque orientalisante pour les plus récentes (soit 600 av JC). Soit un culte qui a perduré sur plus de 1200 ans, ce qui est un fait exceptionnel. D’autant que les objets reliés au culte de Zeus n’ont pas été les seuls retrouvés : des pointes de flèche et des objets de pierre taillée témoignent qu’un autre culte était rendu en ces lieux bien avant. Archéologues et historiens s’accordent à dire qu’il s’agissait probablement d’un culte de fertilité et d’abondance rendue à la Déesse Mère.

Les objets retrouvés sont des ex-voto, on peut les observer au musée d’Héraklion ou dans celui d’Oxford. Une grosse partie se compose d’idole de bronze, représentant les fidèles en prière (une façon d’être toujours sur les lieux du culte), mais on a également retrouvé des couteaux, des épées, des poignards, des céramiques, des objets de toilette, des pièces de tissus ou des bijoux, ainsi que de très nombreuse représentation de la double hache crétoise en or ou en bronze. Cette hache n’était pas une arme, mais l’outil de base des crétois. Elle représente donc un vœu de prospérité et non un vœu de victoire guerrière.


Mythologie : La naissance de Zeus

Rhéa, fille de Gaïa (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel), était l’épouse de Chronos, dieu du Temps et premier roi des dieux. Elle porta de nombreux enfants de cette union : Déméter, Hadès, Hestia, Héra, Poséïdon et enfin Zeus. Mais on avait annoncé à Chronos que son fils le tuerait et le détrônerait, aussi celui-ci dévorait chacun de ses enfants dès sa naissance, espérant ainsi modifier son destin.
Lorsque Rhéa fût près d’accoucher de Zeus, elle implora l’aide de ses parents, pour protéger son enfant et pour sa vengeance. Gaïa, dont la colère envers Chronos n’avait d’égale que celle de sa fille, emporta l’enfant dès sa naissance pour le soustraire à son père. Elle le cacha dans une grotte, l’Oro Diktéon, afin qu’il grandisse en sécurité. Pendant ce temps, Rhéa présenta à Chronos une pierre enroulée dans un linge que le dieu avala, la prenant pour son fils.

« Hésiode, Théogonie, 468-491.
Mais vint le jour où Rhéa allait mettre au monde Zeus, père des dieux et des hommes ; elle suppliait alors ses parents, Terre et Ciel étoilé, de concevoir avec elle une ruse (mh'tin) qui lui permît d'enfanter son fils en cachette et de faire payer la dette due aux Érinyes de son père et de tous ses enfants avalés1 par le grand Cronos aux pensées fourbes. Eux, écoutant et exauçant leur fille, lui révélèrent ce qui était imparti par avance au roi Cronos et à son fils au cœur farouche. Ils la menèrent à Lyctos, au gras pays de Crète, le jour où elle devait enfanter le dernier de ses fils, le grand Zeus. Et la terre géante le prit pour le nourrir dans la vaste Crète. L'emportant donc à la faveur des ombres de la Nuit rapide, elle atteignit les premières hauteurs du Dictos, et de ses mains, le cacha au creux d'un antre inaccessible, dans les profondeurs secrètes de la Terre divine, aux flancs du mont Agéon, que recouvrent des bois épais. Puis, entourant de langes une grosse pierre, elle la remit au puissant seigneur, fils de Ciel, premier roi des dieux, qui la saisit dans sa main et l'engloutit dans son ventre, le malheureux, sans que son cœur se doutât (oujdæ ejnovhse metafresin) que, pour plus tard, à la place de cette pierre subsisterait son fils, invincible et sans souci, qui devait bientôt, après l'avoir dompté par sa force de ses mains, le dépouiller de ses prérogatives (timês exeláein) et régner parmi les immortels. »

Arrivé à ce stade, on trouve deux variantes de l’histoire. Selon la première, Zeus aurait été élevé par la chèvre nymphe Amalthée, fille de l’Océan. Devenu adulte, Zeus la placera parmi les étoiles en gage de reconnaissance (c’est le Capricorne).
Selon une autre source, Zeus est élevé par deux nymphes, Adrastéia et Idè, Amalthée n’apportant que son lait dans cette version, et protégé par les Courètes. Ces derniers, inventeurs et dispenseurs de savoir divin, en armes, frappaient leur javelot sur leur bouclier, dansant, criant et jouant du tambour autour du jeune Zeus. Ils masquaient ainsi les pleurs de l’enfant pour que son père ne les entende pas. On retrouve là les éléments des danses orgiaques.
Ainsi grandit Zeus, jusqu’à ce qu’il défie Chronos et le tue, libérant par là même ses frères et sœurs.

« Apollodore 1, 1, 6 - 2, 1 Rhéa, furieuse de ces actes, se rend en Crète quand elle se trouve enceinte de Zeus, et elle met Zeus au monde dans une grotte du mont Dicté. Elle le donne à élever aux Courètes et aux filles de Melisseus, les Nymphes Adrasteia et Idè. Celles-ci nourrissaient l'enfant avec le lait d'Amalthée, tandis que les Courètes, en armes, gardaient le nourrisson dans la grotte et choquaient leurs lances contre leurs boucliers pour que Cronos n'entende pas la voix de l'enfant. Rhéa, ayant emmailloté une pierre, la donna à avaler à Cronos comme si c'était le nouveau-né.Lorsque Zeus fut devenu adulte, il prend comme complice Mètis, la fille d'Océan, et celle-ci fait avaler à Cronos une drogue qui l'oblige à vomir d'abord la pierre et ensuite les enfants qu'il avait avalés. Avec eux, Zeus mena la guerre contre Cronos et les Titans. Comme ils se battaient depuis dix ans, Gè prophétisa à Zeus la victoire, s'ils prenaient pour alliés ceux qui avaient été jetés dans le Tartare. Il tua Campè qui surveillait leur prison, et les délivra.. Les Cyclopes donnent alors à Zeus le tonnerre, l'éclair et la foudre, à Pluton le casque et à Poséidon le trident. Munis de ces armes, ils triomphent des Titans (…). Ils se partagent le pouvoir par tirage au sort. Zeus obtient la souveraineté sur le Ciel, Poséidon sur la mer et Pluton sur le séjour d'Hadès. »


Et maintenant, les photos ! Celles marquées d'un * ne sont pas de moi, ce sont des cartes postales. Les couleurs parfois surprenantes sont dues à la prise de vue en mode "nocturne". Et comme toujours : on clique sur la photo si on veut la voir en plus grand !





























dimanche 7 juin 2009

Le temps d'Aimée



Quand on écrit une histoire longue, comme un roman par exemple, le plus dur est de commencer. Enfin je trouve, après chacun son opinion !
L'histoire qui suit en est l'exemple flagrant : il y a au moins quatre ans que j'aurais dû commencer à l'écrire... Comme on dit, mieux vaut tard que jamais !
Pour vous situer un peu le contexte, l'histoire n'est pas de moi à 100%. Il s'agit d'une co-écriture avec mon père. Donc comme le scénario lui appartient, je ne vais pas vous le dévoiler ici, ou en tous cas pas pour le moment. Mais en avant goût, voici ce qui sera probablement l'ouverture du roman.
Pour le moment, le texte est "brut de décoffrage". Je n'ai pas du tout retravaillé dessus, il faut d'abord qu'il décante.

Ha... Et avant qu'on me pose la question, oui, les références sont voulues (je pense que tous le mondes saura les repérer, elles sont grosses comme des maisons), et non, il n'y a pas de faute dans le titre, c'est un prénom, pas le verbe.

Colin remonta son col aussi haut qu'il pût. Finalement, attendre la fin de l'averse pour quitter le monastère n'avait pas été sa meilleure idée : la pluie n'avait cessé que bien après la tombée du jour. A présent, l'air froid de mars, saturé d'humidité, se glissait dans les moindres ouvertures de ses vêtements pour le glacer jusqu'aux os. Jugeant son combat contre la bise parisienne perdu d'avance, le jeune homme préféra fixer son esprit sur l'observation de la ville que sur les frissons qui lui crispaient le dos.
A 21h passé, et contrairement aux grands axes, les ruelles de la Cité perdaient peu à peu de leur agitation. Maintenant qu'il avait passé le pont de l'Archevêché et qu'il voyait se profiler au bout de la rue celui de St Louis, il pouvait s'abandonner au calme relatif de la vieille ville. Négligeant le froid, il ralentit le pas et inspira profondément. Il aimait particulièrement l'atmosphère qui se dégageait de ces lieux. Les hautes maisons anciennes, les trottoirs mouillés brillant sous les réverbères, les sons étouffés s'échappant des appartements, parfois en compagnie d'un parfum de cuisine... Figées dans leurs reflets de lumière, les deux îles semblaient suspendues hors du temps, comme bloquées dans l'espace entre deux instants. Colin retrouvait au cœur de Paris l'ambiance doucement mélancolique des Romantiques. Lui-même, avec sa redingote noire au col relevé, son teint pâle et ses cheveux sombres aux boucles volontairement laissées à leur indiscipline, semblait échappé d'un de ces romans du XIXè, image vivante de cette littérature qu'il chérissait tant. Souriant pour lui-même, il poursuivit son chemin, usant de ses détours habituels afin d'éviter les rues les plus passantes. En grand habitué de la solitude, Colin détestait la foule. Il préférait de très loin rallonger son parcours, malgré la pluie qui s'offrait un rappel, et ainsi pouvoir laisser son esprit vagabonder sans risquer de percuter un quidam à chaque pas. Il laissait donc volontiers les boulevards aux citadins pressés de retrouver leur foyer, se réservant les ruelles sombres grignotées par la lumière des réverbères.

Au bout d'une petite demi-heure de ballade, Colin poussa la porte du bistrot situé au rez-de-chaussée de son studio. Une bouffée d'air chaud, où se mêlaient des odeurs de café, de tabac et de mauvais alcool l'accueillit sur le seuil. Se débarrassant de son pardessus mouillé, il salua le garçon de salle d'un mouvement de tête et s'avança vers le comptoir où le patron vidait les cendriers qui ne tarderaient pas à se remplir de nouveau.
-"Bonsoir Bruno."
Pendant que Colin s'appropriait le tabouret le plus proche, le bistrotier posa d'autorité devant lui deux petits verres d'un alcool sombre.
-"Salut M'sieur Ravi !" Salua-t-il avant d'ajouter, désignant les verres du menton : "Contre le froid. Santé !"
Joignant le geste à la parole, Bruno se saisit d'un verre, trinqua avec son ami et avala le liquide en renversant la tête d'un geste exagéré. Colin sourit à son exubérance mais porta néanmoins le verre à ses lèvres, avec toutefois beaucoup plus de réserve et de délicatesse.
-"Rhâaaaaaa !" Le patron ponctua son exclamation d'un claquement de langue avant de reposer son verre sur le zinc. Son client en revanche se montra moins appréciateur et reposa le sien avec une grimace.
-"Avec un tord boyau pareil, ce n'est pas un bistrot parisien que tu devrais tenir, c'est un saloon..."
"Je n'ai pas vraiment l'étoffe d'un cow-boy" ajouta-t-il avec un clin d’œil.
Bruno se fendit d'un grand rire avant de s'enquérir :
-"tu as faim ? Je t'ai gardé une assiette."
-"Merci c'est gentil."
Il s'éclipsa quelques minutes en cuisine pour revenir les mains chargées d'une généreuse assiette de blanquette de veau et d'une corbeille de pain. Avec la rapidité de l'habitude, il disposa, à même le comptoir, couverts pitance et cruchon de vin, avant d'inviter son ami à manger.
-"Alors, tu t'en sorts avec tes curés ?"
Colin pris le temps de boire une longue gorgée de vin avant de répondre.
-"Moines. Ce sont des moines."
-"Si tu l'dis. Alors ?"
-"Plutôt bien : je ne les vois jamais ou presque. En dehors du Père supérieur et du responsable de la bibliothèque, les autres je les vois juste passer devant les fenêtres de l'atelier."
-"Et les bouquins ?"
Colin réprima un soupir mais ne pût s'empêcher de lever les yeux au ciel. Bruno avait beau être son ami depuis plus de 20 ans, il ne se faisait toujours pas à l'entendre traiter de bouquin les livres inestimables qui lui passaient entre les mains.
"Magnifiques. La plus grosse partie du fond date du moyen âge. En fait de la fondation de l'abbaye. Ca rend la restauration plus difficile, mais d'autant plus intéressante..."
Il s'apprêtait à donner plus de détails lorsque quatre clients entrèrent. Bruno retourna donc à son travail et Colin à sa blanquette.

mercredi 27 mai 2009

Le paysage normal


Comme j'en ai parlé dans les commentaires, voici un autre poème sur le même thème que le précédent. Je n'ai pas retravaillé dessus et je ne l'apprécie pas particulièrement, mais comme il a été écrit directemment à la suite d'AssaSaint, il me semblait logique de le poster dans la continuité.


En me relisant 10 ans après, je réalise à quel point l'influence de Prévert était palpable dans mes textes. Non qu'elle ait disparue aujourd'hui (loin s'en faut) , mais disons qu'elle s'est mélangée à d'autres et, je l'espère, à mon propre style.


Le paysage normal

Il y a des trous dans la terre
Et dans les trous des restes de fer
Et sur le fer des restes de sang
Ce sont les morceaux des obus qui sont tombés
C'est le sang des hommes qui sont tombés
Qui sont tombés comme les obus
Qui sont tombés sous les obus.

Il y a des arbres sur la terre
Il y a des arbres par terre
Des arbres brûlés comme les traités de paix dans les 
cheminées
Il y a un grand feu sur la terre
Un feu de bois et d'acier.

Il y a des maisons sur la terre
Des maisons avec des trous dans les murs
Des trous comme dans la terre
Et des murs par terre
Et de maisons sans murs qui traînent par terre.

Il y a de l'eau sur la terre
De l'eau qui coule vers l'océan
Qui coule sur les morts et sur les mourants
L'eau rouge du sang des morts
Et l'eau bleue des larmes des mourants.

Il y a un enfant qui court sur la terre
Il y a un enfant qui court dans la guerre
Qui court sur l'eau bleue
Qui court sur l'eau rouge
Qui court sur les trous dans la terre
Sur les trous dans les murs
Sur les maisons cassées
Sur les obus
Qui court sur les morts et sur les mourants

Il y avait un enfant qui courait dans la guerre.

mardi 19 mai 2009

AssaSaint


Aller, il est temps de s'y remettre maintenant que je peux de nouveau taper avec tous mes doigts !

Voici un petit poème. Il n'est pas récent, il date de 1998 (ouf... Je viens de prendre un coup de vieux, là), mais j'ai eu envie de le retravailler un peu récemment. Donc voici le "remix" !

Pour resituer un peu le contexte d'écriture (c'est souvent important dans mes poèmes) : on est en 1998, et à l'époque, mon livre de chevet c'est Paroles, de Prévert. A la télé, on ne parle que des massacres de villages entiers en Algérie.


AssaSaint

"Aime ton prochain"
A-t-il dit.
Ils l'ont tous dit.
Dans un coin de l'univers
Il y a une planète bleue
Une planète qui s'appelle la terre
Et sur cette terre
On aime dans le sang.
Il lui a dit qu'il l'aimait
Et la lame a tranché
A tranché dans le vif
Le vif fil de la vie
Qui n'avait rien demandé à personne
Qui n'embêtait ni les hommes
Ni les Saints et leurs assassins
Le vif fil de la vie
Plus souvent mort que vif
Lorsque les assaSaints s'en mêlent
"Aime ton prochain"
Ont-ils dit.
Curieuse façon d'aimer.

vendredi 24 avril 2009

Le coin du bouquin : L'Ange du Chaos

… de temps en temps le vendredi on se faisait un "coin du bouquin" ?
Traduction, et si de temps en temps le vendredi, je vous parlais un peu d’un livre ou d’un auteur qui m’a emballée ? Histoire de vous faire partager un peu mes influences et mes coups de cœur.

Pourquoi vendredi me direz-vous ? Bonne question… Disons que le lundi c’est ravioli, le mardi c’est permis, le mercredi c’est le jour des enfants et le jeudi c’est le retour (oui, le retour du jedi)… Hem, désolée pour les jeux de mots et les références à deux balles, on va mettre ça sur le compte de la fin de semaine ! Plus sérieusement, disons vendredi parce que aujourd’hui c’est vendredi justement, et que c’est maintenant que j’y pense. Donc allons-y, lançons cette nouvelle rubrique : Le coin du bouquin !

Soyons bien clair, il ne s’agit pas d’une critique littéraire. Je ne vais pas m’étendre sur le style, sur la forme d’une œuvre, ce n’est pas le but. Mon but serait plutôt de dire « j’ai adoré » en ajoutant « si ça vous dit, allez le lire ! ». Presque une petite pub… Pour cette première édition, j’hésitais entre deux sagas. L’une en BD, l’autre en roman. Commençons par le roman, je vous parlerai de la BD plus tard.
Ça n’est pas une nouveauté, alors certains d’entre vous connaissent peut-être déjà !

La pentalogie (5 tomes) : L’Agent des Ombres, par Michel Robert, Ed. Mnémos.
Bon pentalogie, c’est assez laid comme mot, alors on va dire saga en 5 volumes, articulés comme ceci :

1. L’ange du Chaos


2. Cœur de Loki

3. Sang-Pitié


4. Hors Destin


5. Belle de Mort


On peut maintenant y ajouter un spin-off : Gueritarish. Mais je passerais ce volume sous silence pour la simple et bonne raison qu’il attend sagement sur mon étagère que je sois en vacances pour être dûment savouré !
Bref, pour ceux qui ne connaissent pas du tout Michel Robert, c’est un ancien sportif de haut niveau, reconverti dans l’écriture. Et quelle reconversion ! Il n’est pas donné à tout le monde de prendre la suite de Pierre Grimbert (pour les deuxième et troisième volets de la Malerune).


Mais revenons-en à l’Agent des Ombres. Voilà de la fantasy comme je l’aime ! Sombre, anti-manichéenne au possible, empreinte de violence, d’amoralité et d’érotisme…
Ici, point de carte en début de roman. Pas non plus de méchant contre gentil, noir contre blanc, etc… Chaque personnage a sa part d’ombre, ses petits secrets sordides, sa dose de folie plus ou moins enfouie en lui, dans un monde où trois grandes puissances s’affrontent en permanence. La Lumière, les Ténèbres et le Chaos. Et au milieu, les Territoires Francs qui tente de survivre aux incessantes rivalités de pouvoir entre les trois.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire, ce serait bien dommage de ne pas la découvrir par vous-même. Mais ne vous attendez pas à de grandes batailles, on n’est pas chez Tolkien. Pas de grande quête héroïque pour sauver le monde, on n’est pas chez Edding non plus ! Ici, le monde (ou plutôt les mondes) ne sont que luttes de pouvoirs, manœuvres politiques, espionnage, meurtres et manipulations diverses à grand coup de sexe et de drogues. S’il n’y avait un filigrane de magie et de prophétie, on en oublierait presque qu’il s’agit de fantasy. Presque.

Et comme dans toute saga de fantasy qui se respecte, le tout est porté par un héros comme on les aime…
Enfin comme moi je les aime, plutôt : Celhendyl de CortaÇa n’est pas un « gentil », ça n’est pas vraiment un « méchant » non plus, en même temps, aucun des deux ne se prêterait à l’ambiance des romans. Disons qu’il est entre les deux. Le personnage est plutôt glacial au premier abord : peu bavard, encore moins sociable et franchement caractériel. Et la liste de ses défauts ne s’arrête pas là : rancunier, un brin cruel et sadique sur les bords, têtu comme une brique… Mais un charisme d’enfer ! Le genre de personnage sur lequel on se surprend à fantasmer (ne me dites pas que je suis la seule à fantasmer sur les héros des bouquins, je ne vous croirais pas) ! Combattant et espion d’élite au service du Chaos, il se retrouve plongé au cœur des méandres politiques les plus sordides. Les diverses manipulations de Morion du Chaos (son supérieur) vont lui permettre au fur et à mesure des 5 volets d’accéder à sa vengeance et à sa destinée, en partie grace à une dague douée de sa propre conscience.


Hummm… Une dague douée de sa propre conscience et qui semble boire les âmes et le sang de ses victimes… Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Bon, en même temps, si on doit lister tous les héros inspirés d’Elric, la liste risque d’être très très longue. C’est qu’il en a laissé des traces dans la littérature celui-là ! Et pas que dans la littérature, jusque dans les jeux vidéo.
Pour en revenir au sujet, Celhendyl semble s’inspirer d’Elric mais sans jamais tomber dans la copie conforme ou la caricature. Juste ce qu’il faut pour l’hommage, en fait : une arme « pensante » et une certaine tendance aux rapports catastrophiques avec la gente féminine… Mais ça, je vous laisse le découvrir !


Voilà, pour une première édition, c’est un peu décousu (c’est rien de le dire). J’avoue que je ne suis pas coutumière de l’exercice. J’espère quand même avoir donné à un ou deux d’entre vous l’envie d’aller lire cette saga, qui est vraiment géniale.

Bon week-end à tous !

vendredi 17 avril 2009

Visuel


Un petit post avant le week-end, mais pas d'écriture aujourd'hui. Depuis quelques jours je tente (je sue sang et eau devrais-je plutôt dire) de trouver une visuel pour ce blog.

Traduction : j'essaie de dessiner la guêpe. (clique pour voir plus grand)

Alors je ne cherche pas à faire du grand art ou a transformer ce blog en blog-BD. Je laisse ça à ceux qui ont du talent pour le faire (aller donc voir à gauche dans les liens pour prendre votre dose de talent quotidienne !).

Je veux juste arriver à créer un petit personnage, assez facile à croquer. D'une part parce que je ne suis vraiment pas douée, d'autre part parce que je suis une grande flemmarde, donc il faut que je puisse la dessiner assez vite, sans m'arracher les cheveux.

Donc voilà, après pas mal d'essais assez... heu... comment dire... particuliers (pour être positif !), voici le moins moche du lot. Juste pour vous donner une idée de ce que sera l'image de la guêpe quand j'aurais réussi à en faire quelque chose de potable. D'ailleurs, n'hésitez pas à critiquer, ça ne peut que m'aider à mieux la dessiner !

En attendant, bon week-end à tous ! Allez finir vos oeufs de pâques, je suis sûre qu'il vous en reste !!!

vendredi 10 avril 2009

Folie

Aller, un petit poème avant le week-end.

Celui-là est assez vieux. Pour remettre dans le contexte, il m'avait été inspiré par les yeux d'un ami. C'était dans un moment de grande détresse pour lui, et je me souviens encore de mon sentiment d'impuissance devant son regard. Un regard dans lequel la douleur avait des reflets de folie...


Noyade


Ce matin un ange m’a regardé.
Dans ses yeux
Un reste de paradis
Perdu
Calciné.
Dans l’ambre folle,
Voilée de larmes,
Une fée a rempli l’évier,
S’est baigné le bout des pieds.
Un éclat de rire
Au milieux des lueurs orangées,
La fée s’est laissée
Glisser
Au fond de l’évier.
Sourire aux lèvres
Sourire carnassier.
Elle s’est laissée
Noyer
Au fond de l’évier.
Puis les cils se sont baissés,
Et à la remontée,
L’ambre soudain limpide et cruelle,
Bouillon de folie
A coulée dans mes veines.
Une fumée s’élève sur mon monde de fées.
Vous ne viendrez plus casser mes jouets
Je viens de les noyer.
Dans le cendrier
Seule
Une cigarette s’est éteinte
Sous des mètres
Et des mètres
D’eau.